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Le nouveau défi des bureaux d'entreprise : pourquoi mesurer l'utilisation des espaces est essentiel pour le lieu de travail du futur

2026

Pendant des décennies, les bureaux ont été conçus pour accueillir l'ensemble des effectifs en même temps. La formule était simple : un employé, un bureau.

Aujourd'hui, cette formule n'est plus valable. Le travail hybride, la mobilité, la collaboration interéquipes et les nouvelles attentes des employés ont profondément transformé la manière dont les bureaux d'entreprise sont réellement utilisés.

Les organisations n'ont plus besoin de davantage de mètres carrés ; elles ont besoin d'espaces capables de s'adapter à des usages changeants, de favoriser la collaboration et d'offrir une expérience suffisamment attrayante pour encourager le retour au bureau. Pourtant, de nombreuses entreprises continuent de gérer leurs bâtiments en s'appuyant sur des hypothèses héritées d'un modèle de travail qui n'existe plus.

La question n'est plus : De combien d'espace disposons-nous ?

Elle est devenue : Utilisons-nous notre espace de la manière la plus efficace possible ?

  1. De l'espace conçu à l'utilisation réelle des bureaux


Traditionnellement, les bureaux d'entreprise étaient conçus sur la base de prévisions : effectifs, organigrammes ou besoins futurs estimés. Cette logique est désormais dépassée.

Les modes d'utilisation ont évolué :

  • La fréquentation varie fortement selon les jours de la semaine.

  • Les salles de réunion connaissent des pics de demande marqués à des moments précis.

  • Les postes de travail sont rarement occupés en continu.

  • Les espaces partagés et communs jouent désormais un rôle central.


Sans données réelles sur l'utilisation des espaces, il est presque impossible de comprendre ces dynamiques. Et sans cette compréhension, les décisions immobilières deviennent une affaire d'intuition plutôt que de données concrètes.

  1. Le coût caché de l'absence de données fiables sur l'occupation


Le manque de données fiables sur l'occupation génère des inefficacités réelles et mesurables :

  • Louer ou maintenir des espaces sous-utilisés.

  • Consommer inutilement de l'énergie dans des zones vides.

  • Mettre à disposition un nombre excessif de bureaux et de postes de travail.

  • Prendre des décisions d'agrandissement ou de construction fondées sur des hypothèses erronées.

  • Perdre en productivité lorsque les espaces les plus demandés ne sont pas disponibles.


Des études récentes du secteur le confirment : le Global Occupancy Planning Benchmark Report 2026 de JLL a révélé qu'environ 40 % des espaces de bureau restent inoccupés lors d'une journée de travail type. De son côté, l'étude 2026 de Johnson Controls sur les environnements de travail montre que les équipes dirigeantes surestiment régulièrement le taux réel d'occupation de 35 points de pourcentage ou davantage. Autrement dit, un bureau perçu comme « occupé à 75 % » est souvent plus proche de 40 % dans la réalité. Un écart qui grève discrètement les budgets immobiliers année après année.

  1. Mesurer pour comprendre : la base d'une gestion efficace des bureaux


Mesurer l'utilisation des espaces consiste à remplacer l'intuition par des preuves, afin de comprendre précisément comment les personnes interagissent avec leur environnement de travail.

Les indicateurs clés que toute organisation devrait suivre incluent :

  • Le taux d'occupation des bureaux et des bâtiments.

  • Le taux d'utilisation des salles de réunion.

  • La répartition de l'occupation par zone.

  • La durée moyenne de présence.

  • Les schémas de fréquentation selon les jours et les créneaux horaires.


Ensemble, ces indicateurs offrent une vision claire et objective du fonctionnement réel d'un bureau d'entreprise, et non de celui que l'on imagine.

  1. Un problème généralisé : la sous-utilisation des espaces de bureau


La sous-utilisation est aujourd'hui l'un des principaux défis des bureaux d'entreprise. Il est fréquent d'observer :

  • Des zones qui restent vides pendant une grande partie de la journée.

  • Une saturation soudaine à certains moments de pointe.

  • Des salles de réunion réservées mais jamais utilisées.

  • Des postes attribués qui restent inoccupés.


Ce déséquilibre impacte directement les coûts immobiliers, l'efficacité opérationnelle et la consommation énergétique. Sans mesure, ces problèmes restent invisibles ou ne sont compris que partiellement.



  1. Workplace Analytics : transformer l'espace en source d'intelligence


La mesure des espaces a largement dépassé le simple comptage des personnes. Les plateformes de Workplace Analytics analysent la manière dont les employés, visiteurs et équipes interagissent avec l'environnement physique afin d'identifier des tendances, des besoins et des opportunités d'amélioration.

Grâce à cette approche, les bureaux cessent d'être un actif statique et deviennent une source continue d'informations stratégiques. Les équipes Facilities, RH, Immobilier et les directions peuvent enfin prendre des décisions fondées sur des données concrètes plutôt que sur des perceptions ou des enquêtes ponctuelles.

  1. Optimiser les espaces, réduire les coûts


Une fois les données fiables disponibles, les organisations peuvent adapter leurs bureaux à la demande réelle. Cela permet de :

  • Ajuster la surface totale nécessaire.

  • Repenser l'aménagement intérieur.

  • Adapter le nombre de postes de travail à l'usage réel.

  • Optimiser l'utilisation des salles de réunion et des espaces communs.


Le résultat est une meilleure exploitation des espaces existants ainsi qu'une réduction significative des coûts associés. L'alignement de la consommation énergétique sur l'usage réel des bâtiments contribue également à l'atteinte des objectifs de durabilité.

  1. Au-delà de l'efficacité : l'impact sur l'expérience collaborateur et la durabilité


L'espace de travail n'est pas seulement une ressource opérationnelle ; il constitue un élément central de l'expérience collaborateur. Des facteurs tels que la disponibilité des salles, la facilité à trouver un poste, le confort ou l'accès fluide aux espaces partagés influencent directement la productivité et la satisfaction.

Mesurer l'utilisation réelle permet aux organisations de concevoir des bureaux véritablement centrés sur les personnes, améliorant à la fois le bien-être et la performance.

La mesure de l'occupation est également un enjeu de durabilité.

L'efficacité des espaces est devenue un indicateur de plus en plus important dans les stratégies ESG. Lorsqu'une entreprise connaît précisément l'utilisation de ses installations, elle peut :

  • Réduire la consommation énergétique inutile.

  • Optimiser les systèmes de chauffage, ventilation, climatisation et d'éclairage.

  • Adapter les services de nettoyage à l'occupation réelle.

  • Réduire l'empreinte carbone du bâtiment.

  • Améliorer l'efficacité globale des actifs immobiliers.


Selon les Global Workplace & Occupancy Insights 2026 de CBRE, le taux moyen d'utilisation des bureaux dans le monde a atteint environ 53 %, contre 38 % en 2024 et 35 % en 2023. Cette évolution montre clairement que, à mesure que les bureaux se remplissent, le coût d'une gestion sans données fiables augmente lui aussi.

  1. Des données aux décisions : les salles de réunion, parmi les espaces les moins efficaces


Dans la plupart des organisations, on a souvent l'impression de manquer constamment de salles de réunion. Pourtant, les données révèlent une réalité différente :

  • Des salles réservées mais inoccupées.

  • Des réunions de deux personnes organisées dans des salles prévues pour dix.

  • Des réservations qui ne sont jamais annulées.

  • Des pics de demande concentrés sur certains créneaux horaires.


La mesure permet d'identifier ces comportements et d'optimiser les espaces collaboratifs, souvent sans nécessiter de nouvel investissement immobilier.

La véritable valeur de la mesure ne réside pas uniquement dans la collecte de données, mais dans leur transformation en informations exploitables. À partir de celles-ci, les organisations peuvent définir des indicateurs clés tels que :

  • Le taux d'occupation par zone.

  • Le taux d'utilisation des salles de réunion.

  • L'indice d'utilisation des espaces.

  • Les schémas de fréquentation.

  • Les conditions de température et d'environnement.


Ces indicateurs aident à identifier des opportunités d'amélioration, à ajuster la stratégie immobilière et à anticiper les besoins futurs. L'espace de travail cesse alors d'être un coût fixe pour devenir un actif géré de manière dynamique.